Qui s’intéresse encore à la musique comme à un vestige doit rester à l’écart : le jazz expérimental à Paris ne s’écoute pas, il se vit. Expérience d’écoute, d’altérité, de remise en cause, ce jazz se donne à voir et à entendre dans des lieux tout sauf interchangeables, où chaque programmation relève du manifeste. Y aller, c’est refuser l’immobilisme, ouvrir la voie à l’inconnu, et participer, même modestement, à l’écriture de la musique qui vient. D’une cave du Marais à une péniche, d’un centre autogéré du 14e à la grande nef du 6b, tout indique que la capitale n’a pas fini d’inventer des endroits où le jazz ne ressemble à rien de connu – et c’est tant mieux.