L’avalanche d’équipements et de logiciels pourrait faire croire à une course technophile, mais il n’y a pas « un » seul chemin pour forger le son du jazz de demain. L’essentiel, c’est la capacité à façonner une identité sonore, à révéler la fragilité du toucher, la pulsation, l’espace qui fait vibrer une note.
La démocratisation du matériel et du soft permet à chaque musicien d’inventer son propre laboratoire. D’ailleurs, rare sont les artistes qui ne bidouillent pas, qui n’empruntent pas, qui ne tordent pas à leur façon ces outils. La tradition n’est pas momifiée : produire un album aujourd’hui, c’est assumer l’expérimentation, tout en respectant l’énergie originelle du jazz : celle de la rencontre, de l’écoute et de la surprise.
Le jazz n’a jamais été plus vivant que lorsqu’il refuse de se laisser enfermer. Voilà pourquoi il mérite les studios à la pointe, autant que la liberté d’un micro sur un coin de table, du groove old school à la collision des algorithmes. Ce sont ces aventures, outils en main et oreilles grandes ouvertes, qui continueront à dessiner les contours sonores de demain.