Dès 18 heures à Lagos, la moiteur envahit les rues et les klaxons sonnent comme un mode de communication parallèle. Dans cette ville tentaculaire qui explose toutes les statistiques africaines (plus de 20 millions d’habitants selon les dernières estimations), la musique n’est plus un simple décor sonore, elle est une énergie qui se répand partout. Pourtant, contrairement à ce que voudraient faire croire certains guides à la nostalgie tenace, Lagos ne vit pas dans l’ombre muséale de Fela. L’afrobeat a évidemment marqué le patrimoine, mais la scène contemporaine dialogue aujourd'hui avec le jazz le plus aventureux, entre racines et mutations permanentes.
À qui veut écouter autrement, la capitale nigériane offre une mosaïque sonore en constante recomposition, où la frontière entre jazz, afrobeat, highlife, électro, et hip-hop est plus que jamais brouillée. Aux antipodes d’un folklore figé, on assiste à une véritable archéologie sonore vivante : ici, créer, c’est mélanger, bousculer, risquer. Et de jeunes musiciens s’y livrent avec une intensité rafraîchissante.