Le mot fait peur, agace, intrigue : “improvisation libre”. Certains l’imaginent comme une explosion anarchique destinée à épater la galerie de l’avant-garde, d’autres comme un exercice réservé à une poignée d’initiés qui auraient lu toutes les partitions d’Anthony Braxton et écouté Derek Bailey en boucle. Or, s’il y a bien un terrain de jeu où chacun peut poser ses valises, c’est bien celui-ci.
L’improvisation libre n’est pas un délire élitiste, c’est une page blanche offerte à tous : amateurs, professionnels, indisciplinés, musiciens-chercheurs ou simples curieux. Nulle question de diplômes, d’âge ou de style — il s’agit d’oser, d’écouter, et de faire tomber quelques chaînes. Comme la définit la pianiste Eve Risser (source : France Musique), l’improvisation libre “c’est le terrain avec le moins de règles... mais où tout tient grâce à l’écoute collective”.