Clubs et labels en première ligne
Les clubs londoniens ne sont pas de simples scènes, mais des couveuses d’hybridation musicale. Des lieux comme Ronnie Scott’s ou le Vortex Jazz Club ouvrent leur scène dès les années 1970 à toutes les transgressions ; mais c’est dans les endroits moins institutionnels (Total Refreshment Centre, Church of Sound, Brilliant Corners) que le brassage explose en full-contact : jazz, grime, afrobeat, jungle, tout y passe.
Côté labels, Gilles Peterson, figure ultra influente avec ses émissions sur BBC Radio 6 et son label Brownswood Recordings, a été l’un des architectes de cette ouverture. Sons Of Kemet, Kokoroko, Maisha, Nubya Garcia sont des enfants de cette nébuleuse.
Sans oublier l’inédit : en 2018, selon une étude de l’Association of Independent Music, le Royaume-Uni compte plus de 400 labels indépendants actifs, dont près de 30 % dans les genres jazz, soul, funk et crossover (Music Week).
Le jazz et la musique électronique : fusion ou collision ?
Si le jazz américain a navigué vers le hip-hop, la grime anglaise a pris le jazz en rapière. Les sons chaloupés et les basslines profondes des scènes drum’n’bass, dubstep et UK garage se retrouvent aujourd’hui dans les grooves de groupes comme Moses Boyd, batteur à la frontière de la club culture et du jazz spirituel.
- Le live de The Comet Is Coming à Glastonbury en 2019 réunit un public bien plus vaste que les cercles jazz traditionnels. Sax d’un autre monde, synthés spatiaux, batterie d’acier : après l’album “Trust in the Lifeforce of the Deep Mystery”, le groupe s’impose comme l’un des ponts majeurs avec la culture techno et psychédélique (source : BBC Music).
- Floating Points, alias Sam Shepherd, est d’abord producteur de musique électronique ; ses collaborations avec Pharoah Sanders ou Shabaka Hutchings déconstruisent la frontière entre machines et instruments acoustiques.