Quand les premières voix s’élèvent sur la rencontre entre jazz et électronique, deux camps se dessinent : nostalgiques d’une pureté acoustique fantasmée, et explorateurs qui flairent là un vivier d’idées neuves. Ceux qui voient l’ordinateur comme un intrus, ceux qui y voient un instrument. Pourtant, la mue était inéluctable. Car contrairement à ce que les gardiens du temple voudraient faire croire, le jazz a toujours été un art du bricolage, de la collision et de l’appropriation.
Il suffit de regarder l’histoire récente des festivals et des programmations curatoriales : dans les grandes villes européennes, plus de 40% des scènes jazz de la dernière décennie (voir la Fédération des Scènes de Jazz et Musiques Improvisées) ont accueilli des projets mêlant synthés, laptops ou boîtes à rythmes. À Londres, les collectifs comme Total Refreshment Centre sont devenus des épicentres de cette hybridation. À Berlin, le radieux XJAZZ! Festival court-circuite les distinctions entre clubbing, improvisation et live electronics.
Ligne de fond : le jazz n’est pas mort. Il s’est secrètement branché sur secteur.