On aurait tort de penser que le jazz du XXIe siècle se résume à un affrontement entre voix et instrument. Le croisement des disciplines est constant. De nombreux groupes émergents, du trio franco-britannique Trio SR9 à des collectifs comme Aksham (lauréat du Prix Django Reinhardt 2020) effacent les frontières classiques.
L’improvisation vocale empiète sur le “jeu instrumental” (cf. les nappes de voix chez Camille ou le scat polyphonique d’Antoine Berjeaut). À l’inverse, la voix se fait instrument, samplée, trafiquée, déformée, comme chez Melanie De Biasio ou les saxophonistes qui dialoguent avec des vocodeurs. Les labels indépendants (Label Bleu, Clean Feed, ECM) défendent justement ces “territoires hybrides” depuis plus de vingt ans (source : Jazz Magazine).
On découvre aujourd’hui une génération décomplexée, qui mêle jazz à l’électro, au spoken word, à la poésie (cf. le travail de Kokoroko ou la London Jazz Scene), et qui emprunte autant au DJing qu’à la tradition instrumentale.