La “voix jazz” n’existe pas, il y a des voix jazz : écorchées, soyeuses, tourmentées, caressantes, éruptives… Pourtant, une poignée de microphones se retrouvent, décennie après décennie, au cœur des studios, plébiscités pour leur capacité à traduire l’émotion et la dynamique si particulières à ce genre. Voici les familles et modèles incontournables.
Les grands classiques à condensateur à large membrane
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Neumann U87 : Emblème des studios depuis la fin des années 1960, le U87 (et son ancêtre le U67) domine le marché pour sa neutralité légèrement flatteuse, sa large bande passante et sa capacité à encaisser les dynamiques. Référence utilisée de Diana Krall à Gregory Porter (source : Sound On Sound).
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AKG C414 : Polyvalent, moins coloré mais d’une fidélité exemplaire. Il brille sur les voix pleines de détails et celles qui jouent avec les variations d’intensité.
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Telefunken U47 / U48 : Légende absolue, connu pour sa chaleur, sa rondeur et ses médiums veloutés. On le retrouve sur nombre d’enregistrements mythiques (Sinatra, Ella Fitzgerald). Attention, les originaux sont rares et précieux ; Telefunken et d’autres proposent des rééditions inspirées.
Les microphones à lampe : pour la chaleur organique
La fameuse “lampe” (tube), loin d’être une simple coquetterie vintage, apporte une saturation musicale qui magnifie les harmoniques et adoucit les sifflantes sans sacrifier la précision. Exemple de référence :
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Neumann M49 : On le retrouve sur les productions ECM (notamment chez Manfred Eicher) pour ses médiums irréels, à la fois doux et présents. Un choix de caractère pour les voix nuancées.
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Sony C800G : Plus rare côté jazz, mais prisé sur certains albums crossover, apportant brillance et “air” sur le haut du spectre.
Les microphones à ruban : finesse, vintage et modernité
Parfaits pour dompter les voix puissantes ou très expressives, les micros à ruban (Royer R-121, AEA R84…) offrent une douceur naturelle et une capacité à arrondir les transitoires. Idéal pour les prises en conditions “live en studio”, où ils gomment les aspérités trop acérées des pianos ou cuivres dans le même espace.
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Royer R-121 : Moderne mais déjà culte, il adoucit tout en gardant la substance de la voix.
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Coles 4038 : Souvent utilisé par Abbey Road, il apporte une couleur vintage chic, particulièrement sur les voix masculines graves.
Quid des dynamiques ?
Oui, on peut oser le dynamique sur une voix jazz ! Certains ingénieurs – pensons à Rudy Van Gelder pour ses prises minimalistes – ont prouvé qu’avec un Shure SM7B en proximité, la magie opère, surtout pour les voix puissantes ou “intimes” façon spoken word.