Le jazz moderne, entendu depuis l’Afrique, n’est plus ce laboratoire d’avant-gardes parfois un brin poussiéreux que se disputent muséographes et collectionneurs de vinyles. Il danse sur l’imprévisible, puise dans la profondeur des traditions sans tomber dans le mimétisme, et pose sans cesse la question : pourquoi le jazz devrait-il se contenter de « revisiter » ? Pourquoi ne pas oser faire table rase, pour mieux s’ouvrir à la surprise, à l’inconnu, à une aventure qui ne soit pas qu’une tournée de commémoration, mais le prolongement vivant des défis d’aujourd’hui ?
En d’autres termes, regarder l’Afrique, c’est voir le jazz se réinventer dans sa capacité brute à bousculer les normes, à absorber les doutes du siècle, à s’inventer collectif, toujours. Le jazz moderne africain n’est pas un retour. C’est un départ.