Paradoxalement, alors que le jazz électronique – cet art d’hybrider l’héritage du jazz et la liberté de l’improvisation avec la puissance et les textures des machines – est né aux États-Unis, la France a su en faire, depuis vingt ans, une de ses aires de jeu les plus stimulantes. Ici, ce n’est pas le folklore new-yorkais qui prévaut, mais un goût pour l’aventure sonore, la curiosité, l’impureté, et la déconstruction des chapelles.
Réinventer la “belle époque” du jazz, c’est aussi accepter la transe des boucles, la brutalité syncopée d’une boîte à rythmes, ou les réverbérations dub qui tanguent. De Laurent de Wilde à Erik Truffaz, d’Electro Deluxe à Chassol, la scène française n’a pas cessé, depuis les années 2000, d’élargir son spectre, allant puiser aussi bien chez Aphex Twin que chez Miles Davis (époque Bitches Brew), entre sons organiques et technologies numériques.