La révélation Émile Londonien : Strasbourg à la table des Londoniens
Il faut cesser de croire que Paris détient le monopole : Émile Londonien, trio strasbourgeois, explose les compteurs. Héritiers des grandes heures du broken beat et du jazz anglais (influence incontournable de Yussef Dayes et Alpha Mist), ils injectent dans leur premier album Legacy (2023, le label MaAula Records) un groove mutant : boîte à rythmes ciselées, Fender Rhodes, sax ténor à la limite du free. Repérés aux Trans Musicales, playlistés sur FIP, ils redéfinissent les contours du jazz électro à la française – sans fétichisme ni posture vintage.
La galaxie Suter / Bada-Bada : polyrythmies et synthétiseurs
Parmi les collectifs les plus influents, Suter (Maxime Suter, batteur et producteur) fait des merveilles avec Bada-Bada : un power trio où la batterie acoustique de Suter s’affranchit des formats classiques pour s’infiltrer dans des structures math-rock, post-dubstep, à la Flying Lotus. Leur album Not So Bada (2022) a été unanimement salué par TSF Jazz ou Télérama comme l’un des meilleurs OVNIs du moment.
Kosmos Kritikal, la DIY connection
On ne peut ignorer l’impact croissant des collectifs autogérés : Kosmos Kritikal (Paris), qui assume l’héritage de la house, du jazz modal, de la batterie jazz électronisée. Sessions jam ouvertes, collaborations avec Julien Quentel (claviériste) ou des beatmakers comme LAAKE, on l’a vu cette année à la Maison de la Radio lors d’une Nuit Blanche mémorable. L’idée : décloisonner le live, relier publics DJ et jazzheads.