Manchester et Leeds ne courent ni après Londres ni après New York. Ce sont des contre-modèles, assumant une vitalité tout sauf jetable — et, fait rare au Royaume-Uni, leur scène jazz attire aussi de nombreux talents européens, poussés par un coût de la vie encore abordable et une ouverture d’esprit certaine.
On cite souvent le “London new jazz” (Shabaka Hutchings, Nubya Garcia…) comme la grande histoire du XXIe siècle britannique. Mais hors capitale, ce qui se joue est davantage une effervescence horizontale, où chaque scène inspire l’autre : Leeds et Manchester partagent artistes, projets, collectifs, sans frontière nette, brouillant allègrement les étiquettes.
- Réseaux européens : Des festivals comme Manchester Jazz Festival (plus de 20 000 spectateurs chaque année, source : mjf.co.uk) ou Leeds Jazz Festival tissent des ponts avec Oslo, Berlin ou Bruxelles, créant un réseau où la scène nord-anglaise joue les chefs de file.
C’est peut-être cela, la vraie force du Nord anglais : une capacité instinctive à mélanger les genres, briser les cases, réinventer l’idée même de jazz — celui des clubs, des collectifs, des studios, jamais figé mais toujours collectif. Ici, on ne fait pas du jazz pour plaire à la postérité ou aux “puristes”. On le fait pour vivre, pour expérimenter, pour fédérer.