Cette montée en puissance de l’afrobeat ne relève ni de l’effet de mode, ni de la récupération exotique. Elle s’inscrit dans une dynamique de réinvention profonde. La scène jazz UK prend acte de la configuration urbaine du pays, anticipe les fractures et les possibles, propose un jazz qui groove, qui pulse, qui provoque — sans pour autant oublier finesse et audace.
Demain, faudra-t-il redéfinir le jazz britannique à l’aune de ces connecteurs venus d’Afrique occidentale ? Sans doute. Mais c’est là toute la beauté de ce mouvement : échapper, par la transformation permanente, à l’exil muséal qui menace tant de musiques. Face à ceux qui, il y a vingt ans, ricanaient du métissage afrobeat/jazz comme d’une fantaisie passagère, la réponse s’impose sur les pistes de danse, dans les studios du sud de Londres, et, désormais, jusque dans les oreilles du monde entier.
Le jazz britannique a redéfini sa géographie. Et, tant que son cœur battra sur les syncopes de Lagos comme sur les beats de Deptford, il est fort à parier que l’aventure ne fait que commencer. Écoutons la suite, sans nostalgie.