Si la fusion jazz/afrobeat ne s’essouffle pas, c’est qu’elle refuse la notion même d’académisme. Dès qu’une formule se fige, la scène trouve moyen de la détourner, de la tordre, de la contaminer aux tendances électroniques, au spoken word, ou au post-punk.
La scène émergente, notamment entre Londres, Lagos, Paris et New York, laisse entendre que ce dialogue a encore de beaux (et furieux) jours devant lui. En 2023, le festival Afropunk (Brooklyn, Paris) consacre de plus en plus de place à ces rencontres, célébrant à la fois les pionniers et les jeunes iconoclastes (telles que la saxophoniste britannique Cassie Kinoshi ou le trompettiste nigérian Etuk Ubong).
La fusion, ici, n’est pas un exercice de style. C’est une nécessité vitale. Le jazz y retrouve ses racines d’émancipation, et l’afrobeat son pouvoir subversif, politique et festif.
Avancer dans cette histoire, c’est comprendre qu’écouter aujourd’hui jazz et afrobeat, c’est écouter la société – dans ses déchirures, dans ses espoirs, dans ses mouvements les plus imprévus.