Naïssam Jalal — « Quest of the Invisible »
Impossible de passer à côté de l’inclassable flûtiste franco-syrienne. Chez elle, pas de démonstration superficielle : l’Orient et le jazz s’accordent dans une épure bouleversante, soutenue par la rythmique implacable de Claude Tchamitchian et la drôlerie en filigrane d’Ismail Dawood. Primé aux Victoires du Jazz 2019 (« Album inclassable »), l’opus propose une traversée mystique, où chaque note sursaute, s’efface, renaît à l’écoute du silence. Entre recueillement soufi et audace free, on se surprend à réapprendre à écouter.
Source : Les Inrockuptibles, juillet 2019
Yazz Ahmed — « Polyhymnia »
La Britannique d’origine bahreïnie insuffle à la trompette des fragrances de bédouines psychédéliques, entre héritages du maqâm et textures post-rock. Album coup de poing, collective et militant (chaque morceau célèbre une figure féminine engagée du monde arabe), « Polyhymnia » sature l’espace d’un groove labyrinthique, élégamment abrasif. Peu de disques récents incarnent aussi radicalement la promesse d’un jazz arabe totalement décomplexé.
Source : The Guardian, octobre 2019
Emile Parisien Sextet feat. Rabih Abou-Khalil — « Louise »
Quand le sax hyperactif d’Émile Parisien, étoile montante du jazz français (victoire du jazz en 2022), croise le oud cosmopolite du Libanais Rabih Abou-Khalil, la rencontre frôle la synesthésie. Les mélismes du Proche-Orient infusent une écriture ciselée ; le sextet s’évade, groove, délire, puis s’apaise sur des ballades éthérées. L’album « Louise » impressionne par sa capacité à tisser une narration collective, où l’improvisation se nourrit des chants populaires méditerranéens.
Source : Jazz Magazine, février 2022
Omer Avital — « Qantar »
Bassiste et compositeur israélo-marocain, élevé à la scène new-yorkaise puis parisienne, Omer Avital incarne ce jazz du « melting pot » où la mémoire familiale irrigue l’expérience cosmopolite. Oud, handrums, sax et piano s’entrechoquent sur des motifs syncopés, tantôt andalous, tantôt gnawa, sans jamais sombrer dans la citation creuse. Les improvisations collectives, chauffées à blanc, rappellent que la transe est aussi une affaire de jazz.
Source : France Musique, récit de concert, 2018 (France Musique)