BADBADNOTGOOD n’a jamais cherché à devenir prophète d’un “jazz électronique” académique. Leur approche, anti-élitiste, laisse le champ libre aux innovations à venir, que ce soit par le biais de l’intelligence artificielle, des collaborations à distance ou, pourquoi pas, de l’arrivée de nouveaux instruments hybrides. Ce qui est sûr : la transmission est réussie. Des salles combles à Montréal aux festivals d’Europe, la relève s’empare de ce son, prêt à détourner les codes.
Leur vraie révolution, c’est peut-être d’avoir rendu le jazz électronique tout simplement “naturel” pour le public contemporain. En démontrant que la tradition n’est pas une prison, mais un tremplin, le groupe a jeté un pont solide entre l’histoire et le présent – et, fait rare, l’a rendu populaire sans compromis ni vulgarisation. Ce n’est pas juste une question de démocratisation : c’est une nouvelle ère pour le jazz, celle qui s’écrit sans nostalgie, sans dogme, les yeux braqués sur des terrains encore inexplorés.