Le rapport des jeunes musiciens à l’histoire du jazz n’a plus rien de figé. Pour bon nombre d’entre eux, “l’héritage” n’est ni une prison, ni une blague : c’est une matière à retravailler, retourner, déconstruire. Le trompettiste Antoine Berjeaut, par exemple, détourne les codes du bop à coups de synthétiseurs post-hip-hop. Robin Fincker, saxophoniste passé par le MLN Trio, revendique l’influence des musiques médiévales (!) aussi bien que celle de Lee Konitz.
L’enseignement du jazz ne ressemble plus à une école d’école : Nouveaux cursus “Musiques créatives” au CNSM, ateliers d’improvisation au CRR d’Aubervilliers, workshops ouverts mixant électro et jazz au Pôle Sup’93 avec Benoît Delbecq. Côté médias, la scène bénéficie du travail de journalistes (Citizen Jazz, Jazz Magazine, France Musique) et de podcasts dédiés ( “Le Jazz est là”, France Musique) – preuve qu’un autre récit émerge.