Le jazz moderne ne peut se réduire à une poignée d’esthétiques. Il avance en zigzag, brouille méthodiquement les pistes. C’est l’imaginaire qui prime, la prise de risque, l’écoute intérieure. Figures tutélaires (Coltrane, Sun Ra, Alice Coltrane, Ornette Coleman) et nouvelles voix dialoguent sans jamais se recopier. À la fois anthropophages et visionnaires, ces musiques improvisées dessinent des panoramas mondialisés, engagés, traversés d’inquiétude et d’urgence autant que de joie prométhéenne.
- Jazz et cinéma (ou jeux vidéos) : La BO de « Soul » (Disney/Pixar, Jon Batiste, 2020) a contribué à faire grimper les recherches « jazz » de 200% chez les 18-25 ans au lendemain de la sortie (Billboard).
- Jazz & IA : Les premières collaborations « homme + IA » (Holly Herndon, YACHT) expérimentent les limites du vivant et de l’algorithmique… mais la question de l’improvisation reste, si l’on ose, « non automatisable ».
Alors, le jazz aujourd’hui ? Une nébuleuse polyphonique, curieuse, traversée de vents contraires : métissages partout, hybridations assumées, engagement politique réaffirmé, vitalité des collectifs, usage décomplexé de la technologie, retour de la scène et de l’expérimentation live. Une musique d’aventures, de risques, sans nostalgie, ancrée dans l’instant et déjà tournée vers demain. Impossible à résumer en un mot : et c’est bien là tout son sel.