Fusionner jazz et musiques du monde aujourd’hui, c’est accepter une tension : tirer parti de la technologie sans l’idolâtrer ; rendre hommage sans figer. Le groove asymétrique d’une derbouka conversant avec une ligne de basse modale, une trompette traitée en delay par Max4Live jouant sur un tapis rythmique reggae samplé, l’archet du violon frayant avec un synth diffuseur de sons ouest-africains… Tout est mélange, jeu, précision.
Sur la planète des scènes émergentes (Stockholm, Paris, Beyrouth, Lagos…), la fusion se joue chaque soir sur les laptops, claviers et pédales multieffets : un espace-laboratoire, où la seule règle est de refuser la recette toute faite. Après tout, jazz et world ont ceci de commun : ils savent, mieux que tout autre, se réinventer dans l’instant.
Sources : France Culture, Afropop Worldwide, Red Bull Music Academy, MusicRadar, Sound On Sound, Interviews d’artistes recueillies lors de festivals JazzFest Berlin (2023), Sons d’Hiver (2024).