Le Montreux Jazz Festival s’impose aujourd’hui comme l’un des plus puissants accélérateurs de la scène électro-jazz à l’échelle européenne, sinon mondiale. Il s’érige en modèle d’intégration créative, refusant les cloisons figées, tout en offrant un cadre structurant à des artistes qui sous d’autres latitudes peinent à s’affranchir du statut “expérimental”. Ce faisant, Montreux ne se contente pas de flairer la tendance : il la façonne, ose le dialogue avec la technologie (montée de l’IA performative, place du live coding) et rappelle que le jazz n’a d’avenir qu’en se frottant à l’inattendu.
Au fond, c’est sans doute là le véritable legs du festival : avoir su faire de la curiosité un principe fondateur, et de l’hybridation une respiration nécessaire. Qui a dit que le jazz devait rester posé sur une étagère, entre une platine vinyle et des manuels de solfège ?