À une époque où il est de bon ton de pleurer la mort du jazz – ou pire, de le confiner à des salons poussiéreux –, Nubya Garcia fait figure de démenti éclatant. Née à Camden, Londres, en 1991 dans une famille afro-caribéenne, la saxophoniste a très tôt été exposée à un large spectre d’influences, du reggae au jazz caribéen, jusqu’aux musiques électroniques. Élève de la Camden Saturday Music Centre, puis du célèbre Trinity Laban Conservatoire, elle s’inscrit d’emblée dans une double dynamique : héritage et rupture.
- Le melting-pot londonien : Il faut comprendre ce que signifie, pour une musicienne comme Garcia, de grandir à Londres dans les années 2000 : elle l’a souvent décrit comme « l’endroit où le reggae, la jungle, le grime et le jazz ne s’excluent pas mais dialoguent » (The Guardian).
- Une approche transgénérationnelle : Son jeu s’inspire autant de Pharoah Sanders et Joe Henderson, que de la scène broken beat et dubstep qui galvanise la jeunesse londonienne. On reste à mille lieues du folklore nostalgique qui anesthésie certains salons de « jazz ».