Né à Londres, élevé à la Barbade de 6 à 16 ans, Shabaka Hutchings est d’emblée traversé par les circulations diasporiques. Il commence la clarinette au sein du Barbados National Youth Orchestra, ce qui ravive, dans sa musique, la prégnance des musiques caribéennes. De retour à Londres à la fin de l’adolescence, il fréquente la Guildhall School of Music and Drama, une institution phare pour les talents du jazz britannique, mais refuse à s’y enfermer, préférant traquer la scène underground londonienne, notamment le collectif Tomorrow’s Warriors, légendaire incubateur de la nouvelle génération jazz outre-manche (source : Jazzwise Magazine).
Ce double ancrage, caribéen et britannique, va traverser toute l’œuvre de Hutchings. On retrouve dans ses productions la pulsation du calypso, les syncopes reggae-dub, l’héritage du jazz hard-bop autant que l’énergie de la grime ou de l’afrobeat londonien. Peu de musiciens illustrent avec autant d’évidence la manière dont Londres brise aujourd’hui les frontières musicales tout en questionnant la notion même d’identité.